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Faire le deuil d'un animal

Source : http://www.psychologies.com/Planete/Les-animaux-et-nous/Articles-et-Dossiers/Faire-le-deuil-de-son-animal-de-compagnie

 Faire le deuil de son animal de compagnie

Ce sont des compagnons, des maîtres de vie. Nous les aimons comme des amis, voire comme des frères, ou parfois même des enfants. Les animaux de compagnie occupent souvent autant de place que les êtres humains dans la vie de leurs maîtres. Lorsqu’ils décèdent, leur absence peut créer un vide aussi douloureux que la perte d’un proche. Et un vrai travail de deuil est nécessaire, d’autant plus difficile qu’il est souvent incompris et sous-estimé.

Ségolène Poirier

Sommaire

« Elle a réuni ses dernières forces pour venir s'éteindre dans mes bras. Je l'ai cajolée et lui ai parlé jusqu'au dernier moment. J'ai essayé de la réchauffer, mais je sentais bien son petit corps se refroidir et la vie la quitter. Elle est morte à 22h22, et aujourd’hui encore, à chaque fois que cette heure s'affiche, je pense à elle et j'ai envie de pleurer », raconte Florence, qui a perdu sa chatte Marie en 2006. Huit ans après, la douleur causée par cette perte est encore bien présente. Une peine que connaissent de nombreux propriétaires pour qui leur animal de compagnie est bien plus qu’une bête à poils, à plumes ou à écailles. 

Perdre un vrai compagnon de vie

« Quel que soit l'animal que vous possédez, il ne vous juge pas, n'est pas jaloux, ne vous trompe pas, et vous aime tel que vous êtes. Et cela, jamais un humain ne le fera », commente Nadine, dont la chatte Isis est décédée à l’âge de 12 ans. Pour Camille, son cheval – même s’il ne vivait pas avec elle -, était un réel compagnon de vie. « Rock était un prolongement de moi. Avec lui, je ressentais un bien-être incroyable et un élan de liberté. C’était aussi un vrai maître de vie ». 

De son côté, Amélie a eu l’impression de trouver son âme sœur en sa chienne Lilou. « Dès que nous nous sommes vues, ça a été le coup de foudre. Nous ne faisions qu'une. Nous étions comme connectées ». Pour d’autres, comme Pauline, l’animal devient un membre de la famille. « Notre chien Charlie était comme un enfant pour mon compagnon et moi. J’avais l’impression d’être en symbiose avec lui ». Même ressenti chez Norbertus. « Nos deux enfants considéraient notre chienne presque comme une grande sœur ». 

C’est parce qu’un animal de compagnie a tant d’importance dans la vie de son maître que son décès crée un vide immense et que le deuil est aussi douloureux. Selon Valérie, 48 ans, si le chagrin causé par la perte de son chien a été aussi forte, c’est parce qu’elle l’a forcée à voir les choses en face. « Sa disparition a réveillé mon mal existentiel : nous ne sommes pas éternels, mais bien mortels ».

Affronter l’incompréhension des autres

Marina von Allmen-Balmelli est vétérinaire et auteur de Quand l’animal s’en va (Editions Jouvence, 2007). Martine Golay Ramel est thérapeute du deuil et auteur deAccompagner son animal vieillissant(Editions Jouvence, 2008)

« Ce n’est qu’un animal, il n’y a pas mort d’homme », « Ne te mets pas dans des états pareils pour un chat », « Tu n’as qu’à en reprendre un autre »… Des remarques fréquentes qui font du mal et mettent parfois en colère. Ce regard sévère, Valérie a dû y faire face lorsqu’elle a perdu son chien de quinze ans. « Comment oser dire que ce décès est à relativiser ? Cette disparition a été plus importante que celle de mes grands-parents. Mon chien vivait avec moi 24/24h, il était mon éponge à émotions, mon repère au quotidien ».

C’est justement ce rapprochement avec la perte d’un proche qui est souvent critiqué par ceux qui ne saisissent pas ce qu’implique la mort d’un animal de compagnie. « Il est souvent très difficile de faire part de son désarroi. Les personnes qui n'ont jamais vécu de relation intense avec un animal ne peuvent pas comprendre le bouleversement et la souffrance ressentis », analyse la vétérinaire Marina von Allmen. Pourtant, il est important de considérer à sa juste valeur la douleur causée par cette perte. « Pour certains la mort d’un animal de compagnie sera effectivement plus douloureuse que le décès d’un parent. Cette peine est propre à chacun et dépend de son histoire de vie. On ne peut pas comparer et hiérarchiser les souffrances des autres », ajoute la thérapeute du deuil Martine Golay Ramel.

Lorsque son lapin Nuage est décédé, Alexia a été anéantie. Les moqueries de ses camarades de lycée ont aggravé son sentiment de solitude. « Mes amies se moquaient de moi. Une d’entre elles a même osé me mettre ses gants en angora sous le nez parce qu'elle trouvait ça drôle. » Une attitude cruelle qui illustre bien l’incompréhension de certains face à la mort d’un animal. Pour Camille, le pire était la question systématique : « Et ça vit combien de temps un cheval ? » Comme si sa durée de vie le définissait. « Les gens ne comprennent pas que lorsqu’il est décédé, c’était comme si on m’avait coupé les jambes ». Une image forte, reflet là encore de l’importance qu’un animal peut avoir dans la vie de son propriétaire. Et ce, quel qu’il soit : un passionné d’oiseaux, un cavalier qui perd son cheval ou encore un propriétaire dont le chat décède. « Le degré de souffrance ne dépend pas de la race ou la grosseur de l’animal, ni même de sa durée de vie,confirme la thérapeute Martine Golay Ramel. Certes, le lien s’approfondit dans le temps, mais la perte, elle, est liée à l’expérience personnelle. »

S’il est difficile de parler de cette peine autour de soi, c’est pourtant essentiel, selon Marina von Allmen. « Se taire ne fait qu'aggraver et intensifier son désespoir, compliquer et prolonger le processus de deuil. Des émotions enfouies et tues s'impriment au plus profond de notre être pour refaire surface régulièrement. » Et si son entourage ne comprend pas cette douleur, ou qu’il ne sait pas comment aider, mieux vaut se tourner vers le vétérinaire, un groupe de parole, un professionnel de l’accompagnement du deuil ou même un psychologue, pour ne pas avoir à surmonter seul cette épreuve.

Vivre un réel processus de deuil

Déni, colère, culpabilité, dépression, acceptation… Le deuil d’un animal comporte les mêmes étapes que celui d’un être humain. Des étapes qui ne se traversent pas forcément dans un ordre préétabli, comme l’explique Marina von Allmen. « Elles peuvent surgir en boucles et certaines peuvent même être "zappées", pour resurgir lors d’un autre deuil. »

D’abord, le déni. « Je ne voulais pas y croire, je me suis mise à hurler et à pleurer. C'était trop brutal, trop soudain », se souvient Jennifer. Retrouver son chat allongé dans l’herbe, mort écrasé, a été un choc assourdissant. « J'ai été dans un état second pendant quelques jours ». Selon Martine Golay Ramel, « pour beaucoup, l’animal de compagnie rythme le quotidien et sa mort déclenche une perte de repères ».

 

Une fois le choc passé, la colère et la recherche d’un responsable prennent souvent le dessus. « J’ai ressenti tellement de rancoeur contre l’automobiliste qui a écrasé mon chat et qui n’a même pas eu la décence de s’arrêter, » commente Souslik. Pour Camille, le plus insupportable a été pendant un certain temps de voir d’autres propriétaires avec leurs chevaux. « Je leur en voulais d’avoir la chance que leur cheval soit encore là. Pourquoi le méritaient-ils plus que Rock et moi ? » Mais le plus souvent, la colère éprouvée est dirigée contre soi-même et l’impression d’avoir failli à son animal fait culpabiliser.

Ne pas avoir été présent dans les derniers instants, l’avoir réprimandé quelques heures avant sa mort, ne pas s’être assez bien occupé de lui… Autant de raisons de se sentir coupable lorsque son animal décède. « C’est un passage quasi obligé », affirme Martine Golay Ramel. De son côté, la vétérinaire Marina von Allmen souhaite rassurer les propriétaires : « les animaux ne nous en veulent pas pour nos agissements ou nos manquements ». Mais même en sachant cela, difficile de ne pas se sentir responsable. Ophélie, qui, faute de place, a dû laisser sa chatte chez ses parents, s’en est terriblement voulu. « Elle s’est faite écraser en traversant la route. Je me dis qu’elle a dû se sentir abandonnée et qu’elle essayait peut-être de me rejoindre. Encore aujourd’hui, je me sens responsable. Je n’ai même pas pu lui dire au revoir. »

Ne pas avoir pu dire adieu est un regret qu’ont connu de nombreux propriétaires. « Il faut savoir que comme chez les humains,il y a des animaux qui attendent notre départ pour mourir, explique Marina von Allmen. D'autres, à l’inverse, désirent notre présence. Cela dépend du caractère de l'animal mais aussi de notre façon plus ou moins inconsciente de vouloir le retenir auprès de nous. » Une acceptation de la mort qu’a voulu montrer Norbertus à sa labrador Orit. « Elle a fait ses adieux à chaque membre de la famille, avant de se cacher. Mais je l'ai mise dans son panier, parmi nous tous. Le lendemain elle ne bougeait plus, elle s'était endormie sereinement. »

La phase de « dépression réactionnelle » pendant un deuil est probablement la plus difficile à surmonter. Au décès de son chat, Saloua a perdu tout intérêt pour ce qui l’entourait. « J'ai failli échouer dans mes études universitaires, je m'absentais tout le temps. Je n’avais pas le courage de quitter ma chambre. » Cet état dépressif ne doit pas être sous-estimé. Selon la vétérinaire Marina von Allmen, il est même nécessaire. « Cette étape permet de vraiment ressentir à quel point nous passons du vide et du désespoir à la reconnaissance de ce qu'il nous a été donné de vivre avec notre animal. » C’est ce sentiment de gratitude qui a permis à Camille d’accepter enfin la disparition de son cheval. « La douleur n’a finalement duré qu’un moment par rapport au bonheur d’avoir vécu cette belle histoire avec Rock. »

L’importance des rituels

Choisir comment disposer du corps de son animal aide également à mieux accepter son décès. Pauline a décidé d’enterrer son yorkshire sur le terrain derrière sa maison,« pour qu’il soit toujours près de nous ». Nadine a, elle, fait le choix d’être inhumée avec les cendres de sa chatte Isis. « Elle sera avec moi le jour où je partirai, et même après. » Quelle que soit la décision, il est conseillé de la prendre lorsque son animal est encore en bonne santé, afin de ne pas regretter une éventuelle décision précipitée au moment de son décès.

Effectuer un rituel, telles qu’une cérémonie d’enterrement ou encore l’écriture d’un poème, permet de faire face à la perte, mais aussi de rendre hommage à son compagnon. Après treize ans passés à ses côtés, Virginie a voulu honorer son chien en dispersant ses cendres sur son lieu de promenade préféré. « De cette façon, je sais qu'il est encore heureux là où il est. » De son côté, Francine, qui a perdu Cassiopée, sa chienne de 14 ans, a décidé de organiser une cérémonie. « À la date d’anniversaire de son adoption, je vais inviter quelques amis à une commémoration pendant laquelle je lirai un petit texte en sa mémoire, face à ses cendres. » Aurélie a, elle, préféré faire pousser une belle plante en l’honneur de sa lapine Sweety.

Reprendre un animal ?

Et vous, quelle place donnez-vous à votre animal ?

Peur de l’oublier, de le trahir, de souffrir à nouveau… De nombreux propriétaires, comme Virginie, 38 ans, se sont dit qu’ils ne pourraient plus jamais avoir d’animal. « Je n'ai pas repris de chien car cela m'a fait trop de mal de  perdre Tchouk. C’était un vrai ami, comme il y en a peu. Il est irremplaçable. » Pour la vétérinaire Marina von Allmen, cette idée de « remplacement » n’a pas lieu d’être. « Reprendre un compagnon pour que ce soit le même que le précédent, ce ne serait ni rendre hommage à celui qui vient de nous quitter, ni accorder notre amour inconditionnel au nouvel arrivant. Le risque est d'en faire un animal de remplacement, condamné à ne pas se sentir à la hauteur. » Dans le cas des amoureux d’une race en particulier, il est conseillé de choisir un animal de couleur ou de sexe différents. Sans oublier que chaque animal a son caractère et ses particularités.

Quand reprendre un nouveau compagnon ? Cela dépend du ressenti personnel mais parfois aussi de la façon dont est décédé l’animal, comme l’observe Martine Golay Ramel. « Lorsque vous l’avez accompagné dans la maladie, ou la vieillesse, et l’avez vu décliner, il y a un processus de pré-deuil. Mais quand il s’agit d’un accident, le choc est si important qu’il n’est pas recommandé de reprendre un animal tout de suite. »

Si la douleur est forte pour le propriétaire, il ne faut pas oublier qu’elle l’est aussi pour les autres animaux de la maison, s’il y en a. « Ils viennent de perdre un véritable ami qui ne sera pas facilement remplaçable. Il s’agit de les aider eux aussi dans leur deuil », rappelle la vétérinaire. Ils peuvent avoir envie, ou besoin, d’un nouveau compagnon. En l’espace de six mois, Martine a perdu trois de ses quatre chiens, jeunes mais malades. Elle a senti le grand désespoir du dernier. « Il a très mal vécu leur départ, et, alors que je ne voulais plus reprendre d’autres chiens, il a fallu le faire. Sinon il se serait laissé mourir. Maintenant, il est apaisé et semble revivre. »

Selon la thérapeute Martine Golay Ramel, si la décision de reprendre un animal est si difficile, c’est parce que « pour beaucoup de propriétaires, elle rappelle que l’animal était un animal et non un être humain. Ce qui est très déstabilisant quand on a aimé son compagnon comme un ami, un frère ou un enfant. » Mais, malgré la douleur, il est difficile pour beaucoup d’amoureux des animaux de vivre sans eux. « Il faut savoir faire un deuil, quel qu’il soit, et avancer. Au fond, ce n’est pas parce qu’on a d’autres animaux qu’on remplace les précédents dans notre cœur, confie Caroline. On ne les oublie jamais. »

 

 

 

Source : http://www.communicanis.com/ledeuidelanimal.html

 Le deuil de l'animal:  comment s'y préparer et le traverser

 

La vie de nos animaux familiers est toujours trop courte.  Un chien selon sa taille peut vivre en moyenne 10 à 17 ans, un chat 16 à 18 ans. Le perdre peut être une épreuve douloureuse et difficile à supporter.

A l’annonce de la mort de leur compagnon à 4 pattes, nombre d’entre nous se demandent comment désormais vivre sans lui?

 

Que l’animal très aimé qui a partagé nos joies et nos peines arrive en fin de vie et s’éteigne doucement ou qu’il meurt brutalement d’une maladie foudroyante empoisonné ou renversé par une voiture, c’est toujours un immense chagrin.

 

Dans le premier cas les propriétaires ont pu se préparer à cette échéance. Ils savent que la mort fait partie du cycle de la vie, et connaissent bien la trop courte espérance de vie de leur compagnon.

 

Par contre si la mort est violente, inattendue, que l’animal est très jeune, alors cette disparition est encore plus insupportable et éveille une grande colère, voire le refus de croire à ce qui vient d’arriver.

 

 Les morts qui nous semblent prématurées sont tout particulièrement bouleversantes et la brutalité d’un décès accidentel n’offre pas la préparation au deuil.

  • L'euthanasie

Pour un animal qui arrive en fin de vie ou dans la dernière phase d’une maladie mortelle, qui souffre trop, se replie sur lui, perd conscience, ne mange plus, ses propriétaires se posent légitimement la question de l’euthanasie pour lui éviter la pire des agonies et couper court à des douleurs insupportables.

Décider que la vie de notre compagnon doit s’arrêter là, est une des résolutions les plus difficiles à prendre. Comment déterminer le degré de souffrance de l’animal, degré à partir duquel il ne sera pas charitable de le maintenir en vie, si ce n’est juste pour différer notre douleur de le perdre.

Nous avons envie de dire à tous ceux qui sont ou seront un jour confrontés à cette terrible échéance, qu’il s’agira de percevoir avec le plus d’honnêteté possible le moment où la souffrance et la détresse auront gagné sur le plaisir de vivre de l’animal. Les pertes de l’appétit, des capacités motrices et de l’intérêt pour l’entourage, l’incontinence massive, les plaintes et gémissements, étant quelques-uns des signes évidents de cette détresse. 

Avec l’avis de son vétérinaire et mis devant l’évidence, on peut alors avec le praticien prendre la lourde décision de lui faire administrer une injection pour « une mort douce». 

Pour ceux qui le souhaitent et peuvent le supporter, il est recommandé d’accompagner courageusement son animal jusqu’au bout. Certaines personnes derrière cette épreuve, gardent ainsi le réconfort de ne pas s’être détournées et d’avoir jusqu’au dernier instant assisté dignement leur compagnon.

  • Un cérémonial est nécessaire

Se pose alors une dernière question : que faire du corps de l’animal ? Plusieurs solutions sont possibles :

  • le laisser chez le vétérinaire qui prendra les dispositions.
  • l ’enterrer dans son jardin à la campagne (à condition de respecter les réglementations : éloignement suffisant de l'habitat, profondeur d'enfouissement et chaux vive)
  • prendre une place dans un cimetière animalier
  • opter pour la crémation individuelle qui permet d’enterrer ou disperser ses cendres dans un endroit aimé. 

Chacun choisira selon sa sensibilité, mais un cérémonial comme enterrer ou faire incinérer l’animal mort peut aider beaucoup le travail du deuil. 

Se renseigner d’avance et parler de ces dernières dispositions à prendre, peut faciliter les choses le moment venu quand on se trouve trop écrasé de chagrin.

  • Est-il normal d’être déprimé après la perte de son animal ? Combien de temps cela dure t-il ?

Les effets du deuil et sa chronologie sont trop peu souvent évoqués. Notre société d’aujourd’hui plutôt portée à allonger la vie, préfère ne pas parler de la mort.

Pourtant, le deuil qui est à la fois état et conséquences de la perte d’un être cher est un phénomène normal. Il n’est pas fou d’avoir du chagrin à la perte de l’animal avec qui on a parfois passé 15 ans d’une vie. C’est même notre dernière expression d’amour pour lui et mieux vaut éviter en cette période les personnes qui ne le comprendraient pas.

Il est au contraire réconfortant de pouvoir exprimer son chagrin auprès de sa famille ou d’amis qui peuvent le recevoir. Celui qui peut parler, dire son émotion et pleurer avec les siens est favorisé. Il est important de ne pas se sentir critiqué dans sa douleur mais d’être compris et respecté. 

La meilleure aide pour un endeuillé vient de personnes proches aimant elles aussi les animaux, patientes, indulgentes et sachant simplement écouter sans rien vouloir empêcher de la douleur et des larmes de l’autre. 

Tout le monde ne réagit pas de la même manière, et certaines personnes auront plus ou moins besoin de contacts ou d’intimité.

Le deuil se caractérise par l’humeur dépressive, la perte de l’intérêt pour le monde extérieur, la culpabilité, et peut conduire à une dépression grave. Mais attention à ne pas prendre toutes ces manifestations normales du deuil pour un état pathologique.

À la perte d’un animal très aimé, le chagrin est inéluctable et naturel. C’est l’absence d’affliction qui peut être anormale et doit être repérée par les proches. La personne endeuillée peut aussi nier cette mort et faire comme si l’animal était encore là, or non-dit et refus de la mort diffèrent ou bloquent le deuil.

  • Les différentes phases du deuil

Le déroulement normal du deuil passe successivement par différentes phases :

  • D’abord le choc : celui qui reste, heurté, secoué dans toutes ses fibres, saisi d’une lassitude écrasante est atteint jusque dans sa santé, perd l’appétit, le sommeil. Émotionnellement perturbé, tour à tour agité il crie sa peine, ou comme anesthésié, silencieux, muré, il gémit livré à des affects d’impuissance, de révolte, de colère, d’abandon, de honte parfois, de culpabilité souvent.

Telle personne se sent coupable de n’avoir pas repéré plus tôt les premiers signes de la maladie et n’avoir pas conduit son chien ou son chat de suite chez le vétérinaire ; telle autre de n’avoir pas prévu le danger qui guettait son compagnon à 4 pattes. S’en prenant à la terre entière « pourquoi est-ce mon chien qui est mort ? », d’autres enragent aussi de la négligence d’un tiers qui a mal refermé le portail du jardin, contre le chauffard qui a renversé leur chat, ou le propriétaire de ce chien qui a brisé la colonne de son chat… Certains rendent responsable le vétérinaire de n’avoir pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver leur animal.

Même celui qui a pu se préparer à son deuil, n’échappe pas à cette phase qui peut être moins violente mais plus insidieuse, et jeter parfois davantage dans la torpeur.

  • Puis vient l’état dépressif : comme soudain coupé des autres, c’est la grande solitude. L’endeuillé est seul à savoir ce que la perte de son animal représente de douleur pour lui. Tout est sombre, chaque geste du quotidien est laborieux, ce qui pourrait le divertir est rejeté, il ne peut être distrait ni déchargé de sa tâche de remémoration des souvenirs communs avec l’animal chéri. Sans plus être très bien capable de s’occuper de lui-même, il a besoin d’être protégé, consolé. Il faut ce temps comme pour tourner à vide… pour accepter peu à peu la réalité, la révolte, la blessure, l’état de fragilité, le déséquilibre qu’a engendré la perte.

Des rêves surviennent, on voit le chien, le chat encore vivant, puis il s’éloigne, s’estompe, s’efface…

  • Enfin avec le temps grand consolateur du deuil, la douleur s’adoucit même si elle se réveille plus ou moins à des occasions anniversaires ou en croisant un autre animal de même race…celui que l’on ne peut plus voir, sentir, caresser va maintenant vivre à l’intérieur de nous. Sa photo nous accompagne, on aime évoquer les bons moments passés en sa compagnie …on sait qu’il n’est plus, mais il reste présent au fond de nous à jamais. On accepte ce passé qui ne sera plus et l’avenir qui ne sera pas avec l’être perdu.

Ce parcours achemine vers la finalisation du deuil, qui laisse enfin la possibilité de reprendre goût à la vie. Ces différentes phases ne sont normalement que passagères, mais par contre si le propriétaire de l'animal mort s’enferme dans l’une d’elle qu’il ne peut terminer son travail de deuil (et même sombrer dans la dépression), là il y aurait lieu de consulter pour trouver de l'aide psychologique.

  • Peut-on parler de la mort aux enfants, et comment ?

Pour comprendre et accepter, les enfants ont besoin de connaître la vérité. Selon leur âge, la nature et la force du lien qui les unissait à leur compagnon, ils peuvent être plus ou moins troublés ou affectés par sa perte. 

La mort est perçue différemment selon les âges : 

  • Des explications justes mais simples seront suffisantes pour les plus jeunes jusqu’à environ 6 ans. Pour les petits le « plus jamais » n’existe pas encore et il ne sera pas véritablement question de deuil pour eux, mais d’expérience de séparation, de perte qu’il faut veiller à ce qu’elle ne soit pas vécue dans la solitude. C’est la toute chaude présence rassurante des parents qui leur permettra de dépasser l’épreuve sans traumatisme.
  • Les plus grands poseront de nombreuses questions, inutile cependant d’entrer dans des détails qui pourraient les choquer. Par contre, répondre avec clarté aux interrogations fréquentes comme « est-ce qu’il a mal, est-ce qu’il a froid ? » rassure et apaise le jeune. 

Présenter franchement les faits douloureux ainsi que proposer à l’enfant de voir l’animal mort s’il le souhaite, n’est pas choquant pour lui comme beaucoup le croient habituellement. Cela le conduit au contraire à l’acceptation de l’irréversible de cette perte.

De même que l’adulte, il sera aidé dans son travail de deuil s’il peut ensuite fleurir la tombe de son animal, ou savoir où sont ses cendres.

L’enfant qui perd son petit compagnon adoré, voit sa souffrance majorée si les parents font silence sur l’évènement, et ne veulent pas lui laisser vivre la réalité des choses. 

Le sentiment de solitude et d’abandon qui pourrait en résulter, ne ferait que le bloquer dans ce passage pourtant obligé par la souffrance, qui lui permettrait de rompre progressivement les liens avec l’animal perdu.

L’enfant qui éprouve de l’angoisse face à la mort, sera rassuré si vous lui dites que toutes les maladies ou les blessures n’y mènent pas forcément.

Lui dire que l’on a volé son chat ou son chien ou bien qu’il est parti… ne le ferait que développer des scénarii faux et angoissants du genre « il est parti parce que je l’ai disputé, est-ce qu’il va revenir ? ». Il pourrait se sentir trahi le jour où inévitablement il apprendra la vérité.

Parce que l’on ne peut jamais soustraire ses enfants aux épreuves de la vie, il ne sert à rien de vouloir les abriter de la mort de leur animal chéri. Cette tentative de se protéger soi-même les empêche de grandir et de se préparer sainement à la vie et aux pertes inévitables qui la jalonnent. 

Il est donc capital que l’enfant puisse dire sa peine à ses parents, extérioriser ses émotions et se sentir accompagné dans son chagrin. Il peut le faire d’autant mieux que les adultes eux-mêmes ne dissimulent pas leur propre peine en lui montrant ainsi qu’il est normal de l’exprimer.

  • Ne pas négliger les autres animaux de la maison 

Plusieurs animaux qui cohabitent tissent entre eux des liens d’attachement. Lorsque l’un d’eux décède, l’autre le cherche et ressent un vide. Il perçoit aussi la détresse de son propriétaire qui le délaisse un peu. Dans son chagrin, il ne faut pas oublier celui qui reste et s’efforcer de lui consacrer du temps et lui garder ses habitudes.

Sans ce nécessaire travail naturel du deuil, aucune relation nouvelle avec un autre ne pourra se nouer sainement. Se précipiter de manière prématurée pour reprendre un compagnon à 4 pattes fait partie de ces vaines tentatives d’échapper à l’incontournable souffrance du deuil qui ne manquera pas de ressurgir un jour, dans un moment et des circonstances inattendus. 

C’est également exposer douloureusement « l’animal de remplacement » à des comparaisons sûrement pas toujours à son avantage par rapport au mort idéalisé.

Ce malheureux « remplaçant » risque fort d’en souffrir, toujours perdant dans cette sorte de compétition inégale. Nié dans ses qualités propres et sa singularité, le nouveau chien ou chat souvent choisi de même race et de même couleur, n’étant là que pour masquer la perte du précédent. 

« ... Jamais ce chien ne pourra dominer, se soumettre, se hiérarchiser, s’enfuir ou se cacher, éprouver un code clair de comportement avec ce maître-là, parce qu’il est à la fois appelé et chassé, attendri et angoissé. » « ... Il ne pourra participer à aucun rituel d’interaction cohérent, puisque dans l’esprit de son maître « il a été mis là pour » évoquer le disparu et souffrir de la comparaison. »

Dans ces quelques lignes, Boris Cyrulnik (dans l’ensorcellement du monde, éditions O. Jacob pages 132 à 141) expose très bien le drame du « chien de remplacement » toujours victime de troubles du comportement.

Tout animal chéri disparu est irremplaçable. Celui qui lui succèdera pour continuer avec vous un bout du chemin de la vie se montrera capable de vous apporter aussi du bonheur, si après votre deuil, vous savez l’accueillir pour lui-même.

 Danièle  Mirat - Caniconsultante

 Texte co-rédigé avec Françoise Gaudron et publié dans le magazine "Santé Pratique Animaux" n°8

 

Source : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/12/21/19619-surmonter-perte-son-animal

Surmonter la perte de son animal

Par Pascale Senk - le 21/12/2012

Longtemps perçue comme insignifiante, la douleur des propriétaires de chats ou chiens endeuillés est de plus en plus reconnue.

Trente ans après les faits, Véronique en est encore traumatisée. Elle était venue soutenir sa meilleure amie, qui venait de perdre son chat. «Je tâchais de la consoler. L'animal, empoisonné, reposait sur le carrelage, se souvient-elle. Soudain, mon amie s'est levée, a pris le chat mort et… l'a jeté dans la poubelle. Je ne m'en suis jamais remise.» Choquée, Véronique avoue que cette manière d'agir a sérieusement endommagé le lien qu'elle avait avec son amie. «Traiter ainsi un animal avec qui on a vécu de longues années, c'est inhumain, non?»

L'attitude expéditive de cette propriétaire envers son chat correspond à une époque révolue: celle où l'on ne prenait pas en compte la profondeur du lien qui peut unir un maître à Médor ou Mistigri. «Pendant longtemps, la question de la condition animale n'a pas suscité grand intérêt en Occident, rappelle la journaliste Karine-Lou Matignon, qui vient de publier le beau livre Enfants et animaux. Des liens en partage (Éditions de La Martinière). L'attachement que l'on pouvait éprouver pour un animal a été souvent jugé sinon indécent ou dérisoire, en tout cas symptomatique d'une époque et d'une société malades, en perte de repères. Dans un tel contexte, il était même difficile de montrer sa peine lors de la mort de son chien ou de son chat.»

Les pays anglo-saxons ont été les premiers à changer la donne, avec la création de groupes de parole pour propriétaires endeuillés * et l'émergence de pet loss therapists, qui accompagnent ceux dont la douleur s'éternise. Internet a aussi ouvert de nouveaux espaces pour toute une population qui ne savait pas où communiquer son chagrin: les cimetières virtuels pour animaux y fleurissent, ainsi que les forums de discussion autour d'un chat ou d'un chien perdu.

Les étapes du deuil

Pour la journaliste Karine-Lou Matignon, pas de doute, il s'agit bien d'un deuil à traverser. «On peut retrouver envers l'animal les réactions typiques en cas de décès d'un humain: attitude de déni à l'annonce de la mort, suivie de colère, puis de culpabilité et enfin d'acceptation…»

Cette nouvelle conscience du deuil des propriétaires est notamment en train de changer le rôle du vétérinaire, devenu un tiers essentiel. «En trente-trois ans de pratique, j'ai vu une grande évolution dans la manière de vivre la fin de vie de son animal de compagnie, témoigne Jean-Pierre Kieffer, vétérinaire en Ile-de-France. Des personnes âgées de plus en plus isolées sont extrêmement attachées à leur animal, des couples sans enfant considèrent leur chien comme “leur bébé”, des ados s'accrochent à ce hamster offert par un parent qui a désormais quitté le domicile familial… Tous ces nouveaux liens ont transformé notre clinique.»

Car le vétérinaire est désormais celui qui accompagne la fin de vie de l'animal, soit que ce dernier, malade ou accidenté, lui ait été confié pour être soigné, soit que des propriétaires lui amènent le corps pour incinération. Consultation particulièrement «sensible», celle où il faut euthanasier l'animal. Tout un protocole et même des rites permettent aux maîtres de vivre au mieux la situation, notamment en exprimant leur culpabilité: «Je les préviens que leur animal va d'abord être anesthésié et ne souffrira pas, explique Jean-Pierre Kieffer. Je les invite à rester un dernier moment seuls avec leur chien ou leur chat, puis je les écoute me parler de lui, de ce qu'il a apporté dans leur foyer et leur vie, car un animal représente pour beaucoup un moment précis de leur existence. Enfin, je leur propose, après rasage de la patte où sera pratiquée l'injection létale, une touffe de poils à emporter chez eux.» Et le vétérinaire de reconnaître qu'il a dû acquérir cette expérience sur le terrain, car la formation dispensée jusque-là ne prévoyait pas la nécessité d'écouter les maîtres éplorés.

Écouter la peine de l'enfant

Auprès des enfants aussi, l'écoute et l'attention s'avèrent essentielles. «Si l'on porte intérêt à la peine de l'enfant en évoquant les bons moments passés avec l'animal de son vivant, les raisons de sa mort, puis en organisant avec lui un petit rituel de deuil, l'épreuve sera alors mieux vécue et la place de l'animal intégrée sous le signe du respect», conseille Karine-Lou Matignon. Un poème, des fleurs, une petite tombe dans le jardin ou des caresses avant de laisser le corps chez le vétérinaire… Pour la journaliste, dans tous les cas et quelle que soit l'espèce animale, l'entourage doit accompagner l'enfant dans cette étape. «Et il faut respecter un temps avant d'envisager l'acquisition d'un autre animal, précise-t-elle, ceci afin de ne pas projeter sur le nouveau compagnon le souvenir du précédent.»

Nouvelle preuve que la singularité de l'animal et la peine provoquée par sa perte sont désormais prises en compte: quelques jours après l'euthanasie, les vétérinaires sont invités à envoyer une lettre de condoléances à ses propriétaires.

* http://aplb.org/index.php  Association for Pet Loss and Bereavement.

 

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